Live-report Opeth / Cynic / The Ocean 03.12.2008 @ Transbordeur (Lyon)

Live-report Opeth / Cynic / The Ocean 03.12.2008 @ Transbordeur (Lyon)


La venue d'Opeth à Lyon constitue un cadeau de Noël avant l'heure pour tous les amateurs de musique de la région. Après un passage plutôt discret en 2006 dans la petite salle du Transbo, Opeth est cette fois accueilli dans la grande salle, toutefois sans les gradins sur lesquels un rideau a été abaissé. La programmation en semaine n'arrange pas les choses, mais Opeth possède un public assez conséquent, qu'il a acquis suite à ses nombreuses tournées et à ses fantastiques albums, "Blackwater Park" restant sans doute le plus populaire. La récente sortie de "Watershed', à l'origine de cette tournée, a confirmé la bonne forme d'Opeth qui a de nouveau produit un album d'une grande qualité musicale, s'offrant même quelques expérimentations sur certains morceaux. La présence d'Opeth n'est pas la seule raison du déplacement des spectateurs ce soir, car celle des Américains de Cynic, qui ont marqué la scène métal (voir plus) avec leur album "Focus" sorti il y a plus de 10ans, semble réjouir de nombreux spectateurs présents, à tel point que certains auraient placé Cynic en tête d'affiche en lieu et place d'Opeth. Pour couronner le tout, ce sont les Allemands de The Ocean qui se joignent à cette tournée européenne, groupe qui complète parfaitement cette affiche, dont le principal intérêt réside dans la valeur et l'éclectisme musical des groupes. On aperçoit même Mikael Akerfeldt (chanteur/guitariste d'Opeht) le sourire aux lèvres à proximité du couloir menant aux loges, il a l'air en forme !


Il est à peine 20h quand les cinq Allemands investissent les lieux devant une salle bien occupée. La grande scène est presque saturée en raison du matériel, déjà installé pour gagner du temps, des groupes suivants. Deux drapeaux aux couleurs de THE OCEAN ornent les amplis latéraux. Le collectif allemand composé d'une trentaine de membres se voit réduit en un quintette composé donc d'un batteur, de deux guitaristes, d'un bassiste / backing vocals, et d'un chanteur, les musiciens classiques présents sur l'album voyant leurs parties samplées pour des raisons évidentes et pratiques. Après une intro lancinante, la musique se fait plus violente et les musiciens s'agitent dans tous les sens, notamment le guitariste situé à droite de la scène qui gesticule sans relâche ! Ce premier titre long et complexe est issu de la deuxième partie, "Proterozoic", du dernier album. Le ton est donné, The Ocean offre une musique complètement barrée mélangeant des influences hardcore et métal de façon judicieuse ; on pense à Mastodon ou encore à Neurosis. Le chanteur varie les registres avec une prédominance pour un chant hurlé parfaitement maîtrisé accompagné d'un headbanging énergique. The Ocean évolue dans un univers chaotique dans lequel on peut parfois trouver une terre plus accueillante sur laquelle s'installer. Tel est d'ailleurs globalement le concept de ce dernier opus des Allemands, Precambrian, véritable concept album illustrant l'apparition progressive de la vie, succédant à une période d'hostilité marquée par l'écrasante puissance d'une Terre infernale rendant la vie impossible. L'album, aussi massif que la période en question (le Précambrien est la plus longue ère géologique, elle débute à partir de la formation de la Terre) a été conçu majoritairement par la tête pensante du collectif, Robin Staps, qui officie à la guitare lors des concerts. Ce dernier s'évertue à transmettre une certaine émotion à travers la musique, empruntant ainsi quelques-uns de ses textes à de grands auteurs, notamment français, tels que le Comte de Lautréamont (Isidore Ducasse pour les intimes), Baudelaire ou encore Nietzsche pour ce qui est de la culture allemande. Pressé par le temps, le groupe propose aux spectateurs quatre morceaux en piochant aussi dans son précédent album, avant de s'adonner aux remerciements puis de quitter la scène. Ce fut une belle prestation, dominée à juste titre par les morceaux du dernier opus, malgré les conditions pas forcément optimales pour apprécier la musique du groupe, en raison d'une scène étroite et d'une richesse musicale difficilement transposable en live. Jetez-vous donc sur Precambrian sans plus attendre !

Set-list :

- Calymmian ("Precambrian", 2007)
- Orosirian ("Precambrian", 2007)
- Ectasian ("Precambrian", 2007)
- The City And The Sea ("Aeolian", 2005)



Seulement 15 minutes plus tard, les quatre membres de CYNIC succèdent à The Ocean sous les acclamations du public, qui désormais remplit quasiment entièrement la salle. Un sentiment de respect mêlé à une émotion intense à la vue des deux ex-membres du regretté groupe Death envahit la plupart des spectateurs. L'introverti Paul Masvidal se place discrètement à son poste accompagné de ses trois acolytes, et ses premières émanations vocales marquent le début d'un voyage, court, mais intense. En effet, une ambiance presque spatiale, suscitée par cette voix robotique, s'installe dans la salle et subjugue l'assemblée. Cynic, reformé il y a peu, semble avoir retrouvé l'envie d'en découdre. Il suffit d'observer le magistral Sean Reinert, dont la batterie est placée à droite de la scène, qui se déchaîne avec joie derrière ses fûts ! Le second guitariste Tymon apporte une touche de violence à la musique plutôt calme de Cynic avec ses vocaux death, tout en assurant ses parties de guitare rivalisant de technicité avec celles de Paul, qui s'octroie néanmoins l'intégralité des passages mélodiques en son clair. Le son est un peu brouillon au début du set, mais il s'améliore progressivement. Progressif, c'est d'ailleurs l'adjectif qui peut s'appliquer sans crainte à la musique de Cynic. Les solos très techniques qui entrecoupent les chansons sont exécutés avec brio. C'est sans surprise le deuxième album du groupe qui est mis à l'honneur ce soir, sur lequel il est difficile et vain de placer une étiquette tant le groupe mélange divers éléments. Heureusement, Cynic n'oublie pas ses fans de la première heure, tant marqués par l'ovni "Focus", et joue ce soir quelques extraits de l'album (NdeWill : sauf l'incontournable "Veil Of Maya" !!!! Grrrrrr... comment Cynic a-t-il pu zapper ce monument du Metal prog ce soir ?!! Vraiment la seule déception de ce set, mais quelle frustration ! Vivement que l'on puisse revoir le groupe en tête d'affiche avec un set plus long parce que 30 minutes, c'est vraiment trop court !). Les morceaux un peu plus énergiques déclenchent d'ailleurs quelques mouvements de tête sporadiques, les spectateurs étant occupés à contempler ces quatre musiciens de renom. Paul Masvidal prend le temps de remercier laconiquement le public et de faire un peu de promo pour sa dernière oeuvre avant de s'envoler. Les spectateurs observent une dernière fois cette scène et la banderole trônant fièrement au fond de la salle, seul vestige de cette prestation hors-norme.

Set-list :

- Nunc Fluens ("Traced in Air", 2008)
- The Space For This ("Traced in Air", 2008)
- Evolutionary Sleeper ("Traced in Air", 2008)
- Adam's Murmur ("Traced in Air", 2008)
- How Could I ? ("Focus", 1993)
- Integral Birth ("Traced in Air", 2008)




Tête d'affiche oblige, l'attente de la venue d'OPETH est plus longue, on patiente jusqu'à 21h 45 en profitant des quelques morceaux de métal diffusés. La scène revêt les couleurs du groupe tandis que le matériel est dévoilé, l'imposant kit du batteur Martin Axenrot attirant tous les regards. Le silence se fait dans la salle au moment où les lumières s'éteignent tandis que les Suédois s'emparent de leurs instruments. Dès le premier morceau, on sait que ce concert sera grand, le son est énorme, peut-être un peu trop puissant, les guitares sont bien mises en avant, ce qui permet de profiter pleinement des riffs dantesques de ce premier morceau, issu de Watershed, "Heir Appearent". Le charme opère dès les premières notes, aidé par un jeu de lumières très efficace et collant parfaitement avec l'atmosphère des morceaux. Chaque musicien remplit sa fonction à merveille et le line-up actuel, avec notamment la présence du très bon Fredrik Åkesson à la guitare, semble être désormais solide. Martin Axenrot derrière ses fûts, critiqué lors de son arrivée dans le groupe en raison de son jeu trop brutal, s'adapte aux compositions du groupe, y compris les plus subtiles telle "Hope Leaves", même si le jeu de son prédécesseur Martín Lopez demeure un modèle de finesse à la batterie. Le public est littéralement envoûté par la magie du combo suédois dont les morceaux grandioses suscitent de vives émotions exprimées par des cris et autres expressions du sentiment ressenti à l'écoute de la musique d'Opeth. Mikael Åkerfeldt ne se gêne pas pour faire profiter le public de son humour pour le moins potache, en récitant quelques mots de français ou en s'amusant à exciter le public grâce à quelques remarques bien senties. Opeth pioche ça et là dans son vaste répertoire qui ne comporte aucun morceau réellement mauvais. Ce qui fait la grandeur du groupe, c'est sa diversité musicale, ainsi les longues pièces musicales comportent fréquemment un passage qui dépasse les frontières du style dans lequel Opeth est catégorisé, en témoigne ce break mirifique sur "The Lotus Eater", ou ce passage apaisant sur "Deliverance". A cette dualité musicale, qui fait voyager le spectateur de l'enfer au paradis, répond la dualité vocale de Mikael qui contribue à ce voyage, le personnage passant d'un growl à faire frémir les chaumières à une voix douce et calme invitant même les plus réfractaires à un groupe "métal" à se laisser tenter. Servi par des musiciens hors-pair, pour preuve les solos respectifs des deux guitaristes lors du rappel, l'entité suédoise offre un grand moment d'émotion dans cette salle du Transbordeur entièrement acquise à sa cause. On pourra toujours regretter l'absence de tel ou tel morceau, mais la set-list de ce soir s'avère homogène et tous les morceaux possèdent un charme propre. Il est un peu plus de 23h quand Opeth finit son set après un rappel contenant le fantastique "Drapery Falls". Nul doute que les fans, moi le premier, auraient aimé que ce concert ne se termine pas là, il faudrait au moins deux heures pour profiter pleinement de la qualité d'un groupe comme Opeth ! Il nous reste à remercier le tourneur Eldorado pour cette splendide affiche, mais aussi les groupes de ce soir et particulièrement Cynic et The Ocean dont les membres sont venus gentiment au stand de merchandising après le show afin de passer un moment avec les fans.

Set-list :

- Heir Appearent ("Watershed", 2008)
- The Grand Conjuration ("Ghost Reveries, 2005)
- The Lotus Eater ("Watershed", 2008)
- Godhead's Lament ("Still Life", 1999)
- Hope Leaves ("Damnation", 2003)
- Deliverance ("Deliverance", 2002)
- Demon Of The Fall ("My Arms, Your Hearse", 1998)


Rappel :

- Guitar solo, drum solo, bass solo
- The Drapery Falls ("Blackwater Park", 2001)
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# Posté le jeudi 25 décembre 2008 14:35

Modifié le mercredi 07 janvier 2009 10:00

Live-report Satyricon à Feizin le 29/11/2008

Live-report Satyricon à Feizin  le 29/11/2008



Le Satyricon, c'est un ouvrage antique qui raconte les pérégrinations de personnages lubriques. Pas étonnant que deux jeunes Norvégiens aient choisi ce nom pour le groupe de Black Metal qu'ils ont formé au début des années 1990. De la même façon que le livre de Pétrone est devenu un classique de la littérature latine, le groupe norvégien est devenu au fil des ans une formation de référence au sein de la scène Black Metal.

Après des premiers albums d'anthologie offrant une musique médiévale épique lorgnant parfois vers l'atmosphérique ou encore le pagan, Satyricon a opéré un changement de ligne musicale, Satyr ayant déclaré vouloir en finir avec les "clichés" du black (cf le clip de Mother North !). S'ensuit donc un album plus froid et brutal, Rebel Extravaganza, dans lequel le groupe expérimente de nouveaux éléments. Et ce n'est pas son successeur Volcano qui démentit cette nouvelle orientation. Le groupe a quitté les terres du black metal classique pour entrer dans l'ère de la modernité. Jusque là, Satyricon avait réussi à conserver plus ou moins sa fan-base traditionnelle, mais la sortie de Now, Diabolical peu après la signature du groupe chez Roadrunner, a déçu une bonne partie de ces fans de la première heure en proposant une musique plus simpliste et accessible, en se concentrant sur l'efficacité, refrains accrocheurs, riffs, un album globalement plus proche du rock . Et cette année 2008 voit la sortie du nouvel album de Satyricon, The Age of Nero ; d'ailleurs ce Néron dont il est question fut ami avec Pétrone, la boucle est bouclée ! Alors quelle meilleure façon que d'assister à un concert pour se faire un avis sur les nouveaux morceaux de cet album et sur la qualité actuelle du groupe ?

C'est l'Epicerie Moderne de Feyzin qui accueille ce soir les Norvégiens, en compagnie des Suédois de Zonaria, Evile ayant malheureusement dû annuler sa venue en raison de la blessure du guitariste. La date était initialement prévue au CCO (le groupe avait joué là-bas en 2006) un lundi mais a finalement été décalée on ne sait pourquoi dans cette salle située à l'extérieur de Lyon et qui accueille un concert de métal pour la première fois depuis bien longtemps. Bien que Feyzin soit situé à une vingtaine de minutes de Lyon, la salle est difficile à trouver et une pluie diluvienne vient compliquer l'affaire. Heureusement, mes amis et moi trouvons une épicerie (pas moderne celle-ci) dans laquelle les vendeurs nous indiquent le chemin ! C'est sous des trombes d'eau que nous découvrons la salle et malheureusement, il n'y aucun abri dans le coin ; les quelques métalleux ayant réussi à s'abriter sont priés de partir parce qu'ils gênaient apparemment un mariage arabe qui se déroule dans une salle proche (d'ailleurs, quelques échauffourées ont opposé les dits arabes avec quelques black-métalleux s'étant trompé de salle et qui avaient fait irruption dans la cérémonie, tout vêtus de noir et de pentacles ! ...lol... ambiance assurée dans le mariage ! – NdWill) ... Pour couronner le tout, l'ouverture des portes, initialement prévue à 19h, n'a lieu qu'à 19h30 environ. On pénètre trempés dans la salle, mais au moins, on y est ! Le stand de merchandising est droit devant, le vestiaire à droite et le bar un peu plus loin sur la gauche. J'achète un pull "The Age of Nero", bien que cet album ne soit pas mon préféré, qui me permet de me réchauffer un peu. Il y a trois modèles différents sinon il n'y a pas énormément d'accessoires et je n'ai même pas vu de CD de Satyricon en vente. Zonaria occupe une bonne partie du stand et propose une offre regroupant le dernier album et un t-shirt. Juste le temps de se rassasier et on part découvrir la salle, dont l'entrée est située entre le stand et le bar, la configuration rappelle le Brise-Glace d'Annecy, avec des sièges au fond de la salle permettant de surplomber la fosse ; le sol est recouvert de parquet et la scène, spacieuse, est décorée, pour l'instant, aux couleurs de Zonaria. On discute en attendant l'arrivée ce premier groupe, Evile ayant comme je l'ai dit, annulé sa présence sur la tournée, ce qui est fort regrettable.




Il est un peu plus de 20 h quand les quatre Suédois de ZONARIA, au look très proche de Behemoth (mention spéciale au chanteur/guitariste pour sa ressemblance avec Nergal), montent sur la scène. Cette dernière contient au second plan l'énorme kit de Frost dissimulé sous une bâche, Zonaria dispose logiquement d'une scène restreinte pour jouer. Une intro symphonique retentit et quelques secondes après, c'est parti ! Le premier morceau est assez efficace, il est issu de leur dernier album The Cancer Empire, comme la plupart des morceaux joués ce soir. Leur premier album de 2007 est également représenté avec des titres tels que "The Armageddon Anthem" ou encore "Pandemic Assault". Le death mélodique du groupe plus proche de Hypocrisy que de Dark Tranquillity ou In Flames n'apporte pas de nouveautés particulières dans le style, hormis ces quelques notes de clavier "futuristes" qui retentissent, mais il a le mérite d'être efficace et parfaitement exécuté. Malheureusement, le son est brouillon, un peu moins au fond de la salle et avec des boules Quiès fort heureusement. Sans protections, les guitares sont trop "criardes" et la double pédale a tendance à écraser tout le reste... Les passages mélodiques sont cependant plus précis et peuvent être appréciés à leur juste valeur, ainsi le morceau "Contra Mundum" se révèle-t-il particulièrement inspiré ! Les quatre Suédois sont apparemment contents de jouer ici ce soir et communiquent allégrement avec le public qui se met alors à pogoter, et parfois même lors des passages plus calmes, ce qui indique que certains sont venus uniquement pour se défouler. Zonaria a sans doute rallongé son set en raison de l'absence de Evile et joue environ 45min avant de quitter la scène en remerciant le public et en faisant un peu de promo pour son dernier album, sorti chez Century Media.

Il est un peu moins de 21h quand Zonaria quitte les planches. La batterie d'Emanuel Isakson est évacuée tandis que celle de Frost, imposante s'il en est, est dévoilée. On aperçoit le refrain de "The Sign of the Trident" inscrit sur les grosses caisses du sieur Frost. Un écran diffuse à deux reprises le clip assez risible de "Black Crown On A Tombstone" pour faire patienter le public. La salle compte environ 500 personnes, ce qui est une affluence satisfaisante. Les premiers rangs sont accessibles sans trop de mal et le public n'est pas séparé de la scène contrairement à ce qui se fait dans certaines salles. Le second plan de cette scène est occupé par la batterie de Frost, à droite, et le clavier de la demoiselle qui a rejoint Satyricon pour les tournées sur la gauche. Le décor est à l'image de "The Age Of Nero" avec cet immense corbeau couvrant le fond de la scène, ainsi que deux drapeaux sur les côtés, dont un représentant selon toute vraisemblance le fameux Néron. On patiente en discutant et en observant tout ce petit monde s'activer. 40 minutes se sont écoulées lorsque que les lumières s'éteignent et qu'une petite musique se fait entendre dans la salle.




SATYRICON is in the place ! Les musiciens se mettent en place, Frost très discret passe par le fond de la scène afin de s'installer derrière ses fûts tandis que Satyr, vêtu d'une chemise noire près du corps ainsi que d'un pantalon du même acabit se positionne fièrement sur l'estrade au milieu de Frost et de la claviériste. Il balaie la foule d'un regard impassible puis se dirige vers son micro. Et là, il déclame quelques mots en norvégien... Oui Satyricon commence son concert avec "Hvite Krists Død", premier titre du splendide "The Shadowthrone" ! Ils l'ont fait ! Ils jouent un vieux morceau qui n'avait pour l'instant pas été joué sur les précédentes dates, du moins celles qui concernent la France ! Je m'aperçois que mes boules Quiès n'ont pour utilité que de diminuer la puissance du son, et je les retire alors sans regret car le son est absolument parfait (devant, oui, parce qu'on n'entend quasiment que les amplis et les retours-scène) ! Mais derrière, bien que le son soit très bien mixé, il est un peu trop fort... - NdWill) ! On distingue tous les instruments sans problème et la voix de Satyr se mêle judicieusement au tout. La foule s'agite dès les premières notes de ce long morceau qui est joué intégralement, Satyr se plaçant au fond de la scène lors des passages atmosphériques au clavier durant lesquels il prend une voix plus solennelle.

La section rythmique est sans faille, Frost est un véritable métronome et martèle ses fûts sans répit. Quant aux gratteux, tous masqués par leurs cheveux du fait de leur headbang continuel, reproduisent parfaitement les riffs composés par Satyr, et l'on se réjouit de la présence d'un guitariste français, Gildas, qui de surcroît possède une culture musicale très variée et plutôt orientée vers le jazz, ce qui témoigne de la qualité du groupe. Satyr discute avec le public et introduit le second morceau, issu du dernier album. "The Wolfpack" passe l'épreuve du live avec succès, Satyr faisant participer le public à plusieurs reprises. Il possède un véritable charisme et sa prestation vocale est excellente, il semble très concentré et très appliqué. La tension monte dans la fosse et certains se dirigent alors vers la scène mais les roadies rejettent violemment dans la fosse les slammers, ce qui a pour inconvénient de mettre en danger certains spectateurs (une rangeo dans la tête, ça fait mal...). On comprend qu'il faille protéger le matériel mais de là à édulcorer l'ambiance du concert... D'ailleurs, Satyr se montre plus compatissant envers les slammers tant qu'ils font attention au matériel. Un peu plus tard, une slammeuse privilégiée est expédiée dans la fosse par Satyr lui-même après avoir passé quelques instants dans ses bras ! Le début du concert est ultra-effiace car c'est l'hymne "Now, Diabolical", introduit par un petit "solo" de Frost à la batterie qui succède à "The Wolfpack". Le public reprend en ch½ur ce refrain entêtant et Satyr ne cesse de haranguer la foule ! Malgré les pogos fréquents, la salle est dans sa globalité plutôt statique en dépit des efforts déployés pour Satyr pour entraîner un grand mouvement de foule. Cependant, rares sont ceux qui n'esquissent pas un mouvement de tête sur quelques morceaux tels les fringants "Angstridden" ou encore "Black Crown On A Tombstone".

C'est d'ailleurs durant ce dernier morceau que Satyr remarque qu'un spectateur du premier rang lui fait des gestes pour le moins obscènes, ce qui lui vaut un fuck you de la part de Satyr ! Mais l'énergumène continue son entreprise... Satyr passe alors au degré supérieur et vient l'attraper par le col à la fin de morceau en lui ordonnant de lui montrer plus de respect s'il ne veut pas se faire refaire le portrait. Le type ne bronche évidemment pas, d'autant plus que Satyr paraît très énervé et est plutôt intimidant. Le plus marrant dans cette histoire, c'est que cet (a priori) ancien fan déçu par les derniers albums du groupe, qui n'avait de surcroît pas l'air dans son état normal et qui s'est ensuite fait malmener dans la fosse, va demander à Satyr de lui serrer la main après l'exécution d'un titre que la plupart des gens pensait être issu d'un des premiers méfaits du groupe. Que nenni ! "Storm Of Destroyer" (super titre typiquement true black, hyper rapide, vraiment le meilleur titre de la soirée pour moi avec des reprises de blasts carrément cataclysmiques – NdWill) a été composé en 2006 et a constitué un bonus sur le vinyle de Now, Diabolical. Satyr s'est réconcilié avec ce spectateur et ne s'est pas montré rancunier.

Le concert continue donc de plus belle et le groupe enchaîne les titres entrecoupés par quelques interventions de Satyr. Le jeu de lumières illustre l'ambiance des différents morceaux et le rendu visuel de la scène est remarquable. Les amateurs de longue date du groupe se réjouissent de voir un titre de Nemesis Divina joué ce soir ! La claviériste et le guitariste qui accompagnent Gildas soutiennent leur camarade au chant sur quelques morceaux et apportent ainsi une touche d'originalité. Cette claviériste excite d'ailleurs les mâles présents dans la fosse et est l'objet de nombres interpellations, un spectateur parvenant même à monter sur scène pour venir lui toucher les cheveux, puis à revenir dans la fosse, et le tout sans se faire éjecter par les roadies !

On sent que Satyr a envie de toucher une guitare car tout au long du concert, il mime des riffs joués par ses musiciens, heureusement pour lui, et sans surprise, on lui amène une belle guitare fournie par ESP, marque avec laquelle il a récemment signé un contrat, qui lui permet de prendre part à la seconde partie presque progressive du très bon "Die By My Hand". Les trois guitaristes sont parfaitement coordonnés et ce morceau prend une nouvelle dimension avec l'ajout de cette nouvelle guitare ! Et pour le morceau suivant, Satyr échange sa sept-cordes noire pour un modèle blanc qu'il a notamment utilisé dans le clip de "Black Crown On A Tombstone". C'est ainsi qu'il débute le classique "The Pentagram Burns" qui surexcite la fosse !

Plus de soixante minutes se sont envolées et le groupe quitte alors la scène... Le public crie alors son désir de voir Satyricon refouler les planches et les musiciens ne tardent pas à revenir, sans la claviériste, inutile pour les deux morceaux qui suivent, "KING" et "Fuel for Hatred", deux véritables hymnes qui font l'unanimité auprès du public ! Mais, ne manquerait-il pas un certain morceau pour lequel a été réalisé un clip devenu fameux ? Et qui d'autre part constituait l'un des premiers clips du Black Metal (après Immortal !). En effet, que serait un concert de Satyricon sans cet immense morceau qu'est "Mother North" ? Le groupe se fait donc rappeler une deuxième fois avant de jouer ce fantastique morceau de musique (vraiment la taule ce titre ce soir ! – NdWill) ! Il est d'autant plus fantastique que son exécution est parfaite, la claviériste a cette fois repris son poste, et le public chante à l'unisson avec Satyr. Frost, toujours impressionnant de précision et de rapidité derrière sa monstrueuse batterie, se fait plaisir en balançant des blasts ravageurs. Observez donc son regard lorsqu'il violente son kit tel un démon sorti des portes de l'Enfer ! Les meilleures choses ont une fin et il est environ 23 h quand le groupe termine, en beauté, son concert et remercie alors les métalleux qui ont fait le déplacement ce soir. Frost, les muscles saillants, balance ses baguettes et sa peau de batterie dans la fosse, provoquant des querelles pour l'obtention de son matériel, puis se dirige vers les premiers rangs et tape furieusement dans les mains de quelques spectateurs (dont moi) avant de se réfugier en coulisse.

On se remet tant bien que mal de ses émotions, ce concert semble avoir ravi une grande majorité des spectateurs. La présence écrasante des titres issus des derniers albums n'a pas nui à la qualité du concert car ces morceaux s'avèrent taillés pour le live. On peut regretter l'absence de quelques hymnes présents sur les premiers albums, notamment celle de "The Sign Of The Trident" (présent sur le dernier album) mais il faut admettre que si Satyricon a changé de style, il a néanmoins conserver ses atouts ! Les membres de Zonaria ont rejoint leur stand ce qui permet de discuter avec un membre qui nous informe sur le déroulement de la tournée et sur l'évolution du groupe. A côté de ça, les roadies de Satyricon se rassasient et un spectateur éjecté violemment lors de son passage sur scène reproche à l'un de ceux-là d'avoir justement été trop brusque. Ce dernier réagit brutalement et menace ce gars de lui exploser la face s'il ne prend pas la porte rapidement. La situation s'apaise ensuite mais il est dommage que ce genre d'événement survienne. On se doute néanmoins qu'être en charge de l'intégrité du matériel de Satyricon ne doit pas être de tout repos. Bref, cela fait au final beaucoup plus d'aspects positifs que de blâmes pour ce concert !

Tracklist :

- Hvite Krists Død (The Shadowthrone, 1994)
- The Wolfpack (The Age of Nero, 2008)
- Now, Diabolical (Now Diabolical, 2006)
- Havoc Culture (Rebel Extravaganza, 1999)
- Black crown on a tombstone (The Age of Nero, 2008)
- Forhekset (Nemesis Divina, 2006)
- Commando (The Age Of Nero, 2008)
- Storm (Of The Destroyer) (Bonustrack Vinyl Edition de Now, Diabolical, 2006)
- Angstridden (Volcano, 2002)
- Die by My Hand (The Age of Nero, 2008)
- The Pentagram Burns (Now, Diabolical, 2006)

Rappel 1 :

- K.I.N.G.(Now, Diabolical, 2006)
- Fuel for Hatred (Volcano, 2002)

Rappel 2:

- Mother North (Nemesis Divina, 1996)



Pour les photos c'est par ici :

http://www.noise-web.com/live_reportsdetail.php?annee=2008&Submit=Envoyer&id=143

# Posté le samedi 06 décembre 2008 09:23

Disgorge + Inhume à Lyon !

Ce mardi soir était chargé en événements (politiques, sportifs...) mais c'est sans regret que j'ai opté pour ce concert ! Le lyon's hall avait ce soir installé un jeu de lights et une double grosse caisse, une configuration à la hauteur de l'événement ! Le concert a commencé à l'heure prévue (pour une fois) c'est-à-dire 20h, j'ai donc raté les 15 premières minutes du set de Grimness 69, sans regret, le groupe constituait une mise en bouche correct mais pas indispensable.
D'ailleurs l'affluence a augmenté vers 21h avec l'arrivée d'Inhume sur les planches, les hollandais ont assuré une prestation d'une rare intensité qui a déclenché de furieux pogos (parfois même un peu trop pour certains, on déplore la mauvaise chute d'un slammer) dans la fosse ! Un petit problème technique offre l'occasion à l'un des chanteurs maîtrisant la langue française de citer quelques grands noms représentant pour lui notre pays (Catherine Deneuve ist krieg !!!). Ce fut l'unique accalmie de la soirée car le groupe est reparti de plus belle en délivrant ses brûlots death/grind pour le plus grand bonheur de la fosse !
Après une petite pause bien nécessaire ce sont les mexicains de Disgorge qui arrivent sur scène aux alentours de 22h dans des tenues qui rappellent les groupes de thrash des eighties, pantalons moulants et chaussures montantes. Cependant l'un des guitaristes arbore un t-shirt du célèbre "World Downfall" de Terrorizer tandis que le chanteur/guitariste est vêtu d'un t-shirt à l'effigie de Toxic Holocaust. La fosse est restée de marbre au début de leur set, en raison de la fatigue due au set des hollandais, se contentant d'apprécier la musique plus malsaine des mexicains. Le son est correct et on distingue sans difficulté ces riffs macabres des deux guitaristes secondés par un bassiste rapide et précis ; sans oublier le batteur qui mitraille ses fûts sans relâche ! L'engagement physique du groupe amène les spectateurs à s'engager physiquement eux-aussi et la fosse s'agite brutalement vers le milieu du set. Cette même fosse est jonché de bières et de sueur mais cela n'empêche pas les spectateurs de ruer les uns sur les autres ! Les quatres mexicains très fatigués souhaitent quitter la scène vers 23h10 mais devant l'enthousiasme de la fosse ils reprennent leurs instruments pour trois morceaux ravageurs. Le groupe quitte ensuite la scène pour de bon, on partage alors nos impressions sur ce concert, tout le monde est satisfait et il est temps de se diriger vers le stand de merchandising aux pris alléchants (10euros le t-shirt). Je fais l'acquisition d'un t-shirt Disgorge puis je décide avec quelques amis d'aller discuter avec certains membres des groupes réunis autour du bar. Il nous faut un peu de temps pour prendre une photo mais nous y parvenons et repatons ainsi totalment satisfait de cette soirée !
Des groupes motivés et sympathiques, de la bière, du sang (un peu), de la sueur un public présent en nombre (une centaine de personnes), que demande le peuple ? Merci à My Reference Events pour ce concert !


http://www.noelshack.com/uploads/(e)SP_A0017041746.jpg :D
Disgorge + Inhume à Lyon !

# Posté le mercredi 12 novembre 2008 16:26

Live-report Dark Tranquillity + guests à Lyon le 29/10/2008

Live-report Dark Tranquillity + guests à Lyon le 29/10/2008
La Suède est un pays qui fait souvent rêver nos dirigeants en raison de sa réussite dans plusieurs domaines. Parmi ceux-ci, on peut en citer un, qui ne fait sans doute pas rêver nos dirigeants, mais qui constitue un modèle et une source d'inspiration pour de nombreux groupes. Je veux bien sûr parler de la scène métal suédoise. Outre ses bêtes noires telles Marduk et Watain, ses groupes de Death old-school comme par exemple Unleashed et Entombed, la Suède a enfanté un leader de la mouvance "death métal mélodique" en la personne de Dark Tranquillity. Durant cette période de vacances, pour certains, c'est l'occasion d'assister à un show de ce fameux groupe dans la salle lyonnaise du Ninkasi Kao. Dans sa tournée européenne qui fait suite à la sortie en 2007 de l'album "Fiction" (réédité récemment avec plusieurs bonus), deux groupes sont chargés d'assurer la première partie de Dark Tranquillity, les Allemands de Fear My Thoughts, et les Finlandais de Poisonblack. Ce "Where Death is Most Alive Tour" va donc me permettre de découvrir plus amplement le combo suédois que j'ai connu avec la sortie du dernier album. Quant aux groupes accompagnateurs, ils n'ont pas du tout la même identité musicale que la tête d'affiche mais semblent posséder un certain fan-base, notamment Poinsonblack. Le concert n'est ce soir pas sold-out mais de nombreux fans ont tout de même fait le déplacement au vu de la file d'attente qui s'esquisse devant l'entrée de la salle, malgré le fait que cette date soit hors week-end.
La foule investit peu à peu le Ninkasi et se disperse de façon inégale entre la fosse, le bar, et les gradins à l'étage supérieur. Mes amis et moi choisissons de profiter de la vue d'ensemble qui nous est offerte en nous plaçant à l'étage. La scène est quelque peu diminuée en raison de la présence de deux batteries, celle à l'usage des groupes de première partie, et l'imposant kit de Anders Jivarp (batteur de DT) déjà installé pour ne pas perdre de temps. La musique diffusée dans la salle, censée nous faire patienter, est composée de morceaux étranges et l'on se demande parfois si l'on est bien au bon endroit !


Heureusement, le premier groupe débarque rapidement sur scène, aux alentours de 19h30. Les cinq Allemands de FEAR MY THOUGHTS, aux cheveux courts, excepté le batteur, débarquent sur scène avec l'envie d'en découdre mais dès le premier morceau, pourtant énergique, c'est le drame, la fosse reste statique et ce, malgré les tentatives du chanteur de réveiller tout ce monde. On se rappelle alors que le 4 octobre dernier, à l'occasion du concert d'Ultra Vomit au même endroit, les pogos avaient éclaté dès la première chanson du premier groupe, autre concert, autre public. Vous me direz, les pogos ne témoignent pas forcément de la qualité du concert, mais si ce soir personne ne se défoule, c'est parce que la musique du groupe s'avère au bout de quelques morceaux rapidement ennuyeuse. Cette espèce de metalcore mélodique ne semble pas avoir trouvé ses marques. Le groupe expérimente divers éléments, y compris le blast sur un morceau qui éveille quelques pogos, vites calmés par ce qui suit. On ne peut cependant rien reprocher au groupe quant à l'exécution des morceaux, le batteur est carré, le chanteur passe du registre clair, nettement prédominant, au registre hurlé, et les gratteux assurent. On s'attarde alors sur le t-shirt Led Zeppelin du batteur et on pense à la reformation récente du groupe, sans Robert Plant... Un des guitaristes est lui vêtu d'un t-shirt Primordial. D'ailleurs, la musique de FEAR MY THOUGHTS contient quelques passages atmosphériques et certains riffs semblent inspirés du fantastique groupe irlandais. Il est temps pour eux de balancer un dernier morceau et de quitter la scène sous quelques applaudissements. Il est 20h, le groupe a joué 30 min, a échoué dans sa tentative de chauffer le public et de promouvoir son dernier album "Isolation" par la même occasion... Néanmoins, on leur reconnaîtra une certaine présence scénique, mais headbanguer avec les cheveux courts c'est ardu, et une motivation sans faille, car le groupe n'a pas baissé de régime malgré l'accueil globalement glacial du public.


Les techniciens installent le clavier pour le groupe suivant, POISONBLACK, et la musique diffusée ne gagne pas en qualité, un peu à l'image de ce qui va suivre. Après 15 min d'attente, les cinq Finnois montent sur scène sous les applaudissements du public ! De nombreux fans du groupe sont donc présents ce soir. La salle se remplit un peu plus durant leur set avec l'arrivée de spectateurs qui ne souhaitaient pas particulièrement assister aux premières parties. La popularité de Poisonblack s'explique sans doute par la présence de l'ancien chanteur du défunt groupe de metal gothique finlandais, Sentenced, Ville Laihiala, qui officie au poste de chanteur/guitariste. On constate donc sans surprise des similitudes avec la musique de Sentenced.
Poisonblack fait ce soir la part belle à son troisième album, A Dead Heavy Day et commence son show après une sympathique intro. Le son est fort et peut-être un peu moins bien précis que pour le groupe précédent mais cela reste très correct et les boules Quiès ne sont pas indispensables. Les demoiselles présentes dans la salle semblent particulièrement apprécier la musique du groupe, qui s'apparente plus à de la pop qu'à du métal. Il y a bien ces quelques solos heavy qui viennent apporter un peu d'originalité dans cette musique assez linéaire. La présence du clavier rend la scène très étroite pour le groupe et les membres restent donc à leur poste, le jeu de scène est moins efficace que celui du groupe précédent mais on reconnaît un certain charisme à Ville Laihiala. Le public commence à s'échauffer mais la musique de Poisonblack n'est pas propice à une agitation excessive. Le bassiste au look de poseur fait participer la foule qui répond plus ou moins à ses appels. Poisonblack s'offre 45 minutes de concert et réussit un peu mieux que son prédécesseur à égayer la foule, aidé en cela par la présence de quelques fans.



Il n'est que 21 h quand Poisonblack quitte la scène et la salle est cette fois pratiquement comble car c'est bien DARK TRANQUILLITY qui constitue l'intérêt de cette affiche. Après ces premières parties plus que décevantes, on attend avec impatience l'arrivée du combo suédois. La batterie à taille réduite est démontée et permet d'admirer le kit d'Anders. On installe le synthé de Martin Brändström assez rapidement et malgré cela, Dark Tranquillity tarde à monter sur scène. La diffusion de chansons ayant cette fois un lien avec le concert ravit les spectateurs. Ainsi, on a droit au "Mother Puncher" de Mastodon, à un morceau d'Iron Maiden et à "Hit the Lights" de Metallica en guise de prélude au show de Dark Tranquillity. Il est 21h30 quand les Suédois font leur entrée pour le plus grand bonheur de la foule qui après plusieurs minutes d'attente, va enfin pouvoir profiter de ce pour quoi elle est venue ! L'ambiance est d'une toute autre nature et les pogos éclatent dès le premier titre ! Le jeu des lights est savamment orchestré et un écran disposé au-dessus de la batterie diffuse des images qui illustrent les différents morceaux. L'étage supérieur est quasiment plein et je décide alors de descendre avec mes amis afin de profiter pleinement de ce concert. Nous parvenons à accéder à la fosse malgré la très forte affluence de ce soir. Mikael Stanne est dans une forme olympique et vient à la rencontre du public dès le début, en venant saluer les premiers rangs ! Les autres membres esquissent quelques sourires. Daniel Antonsson, ex-membre de Soilwork, qui est venu remplacer Michael Nicklasson au poste de bassiste, se fait discret. Stanne remplit à merveille son rôle de frontman et son attitude captive les regards et compense ainsi la timidité des autres membres ; que voulez-vous, ce sont des Suédois ! Le public est totalement acquis à la cause du groupe et toute l'énergie qui n'a pas pu se libérer lors des premières parties se transforme en véritable hystérie ! Certains qualifient même, un peu exagérément, Dark Tranquillity, de "meilleur groupe du monde" ! Au niveau de la set-list, on a droit à des morceaux variés, les classiques tels que "Punish My Heaven", "Wonders at your feet" et des titres présentant à peu près toute la discographie du groupe. Le 8ème et dernier album, Fiction, a aussi une belle part et les morceaux de l'album, "Focus Shit", "Nothing to No One", passent l'épreuve du live avec succès ! Le morceau "Misery's Crown", issu de ce même album, voit la scène se transformer en un espace étoilé grâce à des lumières du plus bel effet. Le groupe est sincèrement surpris et réjoui par cet excellent accueil et je crois même qu'ils vont se demander s'ils n'auraient pas du filmer leur DVD live ici (le concert du 31 octobre à Milan va être filmé pour un futur DVD). Les passages mélodiques, dont la mélancolie est renforcée par la présence du synthé, envoûtent les spectateurs et sont parfaitement dosés de telle sorte que l'ambiance n'a jamais le temps de retomber ! L'agitation est croissante et certains spectateurs s'emploient alors à accéder à la scène, ce qui ne semble pas déranger le groupe ; au contraire, Mikael accueille les slammers avec joie, surtout lorsqu'ils sont de sexe féminin ! Tout le monde y va de son petit slam, y compris l'un des guitaristes du groupe lyonnais Destinity. Revenons aux demoiselles, celles-ci sont toutes sous le charme du chanteur à la crinière blonde, qui ne se refuse pas une petite danse avec l'une d'entre elles l'espace d'un refrain. Mikael remercie sans cesse le public de cet accueil et il déclare même qu'il va composer une chanson pour nous remercier après ce concert et qu'il reviendra la chanter ici le plus tôt possible ! On peut également saluer l'effort qu'il a fait pour parler quelques mots français, plusieurs "merci beaucoup" et quelques "vive la France" qui font plaisir au public. Niklas Sudin, qui n'est pas sans rappeler le guitariste/chanteur de Trivium Matt Heafy, n'est pas aussi enthousiasmé par la venue sur scène de spectateurs, à noter qu'un slammer a tenté à plusieurs reprises des figures acrobatiques en tout genre sous les yeux amusés de Mikael ! Le concert se déroule sans accroc, Martin Henriksson change de guitare à plusieurs reprises pendant les quelques pauses permettant aux membres du groupe de se rafraîchir avec de la bière pour certains, et de l'eau pour d'autres ! Il faut dire que l'engagement physique du groupe, et plus particulièrement de Mikael, est à la hauteur de celui de la fosse, le chant de Mikael est viscéral et lui demande un effort physique intense. Il prend par ailleurs le temps de présenter rapidement quelques chansons qui lui sont chères, et est heureux de voir que les fans reprennent en ch½ur quelques refrains entraînants. Le temps s'écoule et l'on s'attend alors à ce que le groupe quitte la scène afin que le public exprime son désir de voir revenir Dark Tranquillity pour un dernier morceau. Que nenni ! Mikael déclare qu'il préfère rester sur scène et préciser que ce morceau sera le dernier plutôt que de voir le public se fatiguer à rappeler le groupe. On a droit à deux morceaux pour finir, étant donné que Dark Tranquillity veut remercier le public de la plus belle façon qui soit, c'est-à-dire en continuant de jouer ! Je ne fais pas partie des fans inconditionnels du groupe et le concert s'est donc pour moi avéré un peu long sur la fin, néanmoins j'ai été séduit par la personnalité de Mikael et j'ai également apprécié les morceaux des albums précédents que je ne connaissais pas. Il est 23 h quand les membres du groupes délaissent leurs instruments et viennent remercier le public, Mikael nous gratifiant même d'un slam avant de rejoindre les loges, tandis que les guitaristes offrent leurs médiators.
Il faut quelques minutes aux spectateurs pour se remettre de ce show et les voilà qui se dirigent vers le stand de merchandising qui est monopolisé par la pléthore de t-shirts et autres pulls à l'effigie de Dark Tranquillity. A tel point que le stand de merchandising peu fréquenté de Fear My Thoughts est relégué à l'entrée de la salle !


En définitive, ce fut un agréable concert malgré la déception suscitée par les groupes de première partie. Je ne sais pas si Dark Tranquillity a eu son mot à dire concernant les groupes à emmener en tournée mais il aurait été préférable d'avoir un groupe qui se rapproche un tant soit peu de la musique pratiquée par la tête d'affiche. Cependant, on peut aussi voir la chose d'un bon côté et constater que la déception du début s'est transformée suite à l'arrivée de Dark Tranquillity qui a comblé les fans ainsi que ceux qui découvraient le groupe ! Il nous reste à remercier, outre Dark Tranquillity pour sa belle prestation, tous ceux qui ont rendu ce concert possible, les membres de My Reference Events en tête, qui décidément, nous offrent de bien belles affiches à Lyon, et le Ninkasi Kao.


PS 1 : Special thx to Patricia de My Reference Events pour le pass et à Eric d'OZIRITH.com pour nous permettre d'utiliser ses clichés toujours aussi terribles ! [Will Of Death]]

PS 2 : Very special thx to Century Media, for trusting in METAL OBS' to appear on all the posters of the European tour !

Jean-Baptiste Juillard – JB69 pour Noiseweb



http://www.noise-web.com/live_reportsdetail.php?annee=2008&id=139
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# Posté le vendredi 31 octobre 2008 15:50

Gojira sur france 2 dans l'émission "CD aujourd'hui".

L'interview a été réalisée lors du passage du groupe dans la ville de Bilbao (pays-basque espagnol) en octobre. Le morceau diffusé est "Oroborus", issu du dernier album "The Way Of All Flesh", pour ceux que ça intéresse.
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# Posté le mardi 28 octobre 2008 14:32